2008-06-18

Revue de presse: et en français?

En français, il y a eu bien sûr La Pelote, mais hélas cette initiative n'a jamais dépassé le numéro 1. Il y a quelques mois, il a été question de relancer ce projet de webzine tricot francophone. Marie de Pièce montée a fait un appel en ce sens et Sophie de La Pelote a créé un blog pour rassembler les volontaires. Je relaie tardivement cette information, je sais, mais mieux vaut tard que jamais. J'ignore où ça en est, mais maintenant que l'été approche, c'est peut-être le moment de mettre au propre ces notes relatives à un modèle de votre création et de les envoyer à Sophie. Ou alors de lui proposer vos talents de graphiste, webdesigner ou rédactrice. Alors un numéro 2 de La Pelote pour bientôt?

Quant à la balladodiffusion tricotique en français, Niqui avait vainement tenté de faire un podcast collectif, les Papotes du rond, et il y avait eu quelques fichers son à droite à gauche sur quelques blogs, mais il me semble que c'est à peu près tout, sauf oubli de ma part.
Cette lacune est maintenant réparée avec Pastagalaine, le podcast de Nacreline. Après un numéro 0 d'introduction, déjà le numéro 1 avec une interview de Nancy Bush en exclu. Allez vite les écouter!

Et puis j'attends avec impatience le podcast que Marie nous promet depuis quelque temps.

2008-06-14

La fièvre acheteuse me file des boutons

J'ai vraiment honte! Outre mon "stash" de laines, je me retrouve à présent en possession d'une planque de came de boutons, d'une cache d'armes de boutons, d'un stock de céréales accumulées par des spéculateurs pour faire grimper artificiellement les prix sur le marché mondial et puis après dire que c'est de la faute de la Chine et autres pays émergents; d'ailleurs c'est super-pratique: en ce moment tout est de la faute de la Chine, car nous n'avons jamais été en guerre avec l'Océanie, nous avons toujours été en guerre avec la... euh, je m'égare de boutons. Mais c'est pas moi, moi je voulais pas, je vous le jure; tout ça, c'est la faute à la Chine à Forecast.

Tout avait bien commencé pourtant. Munie de l'excellente carte aux boutons mise au point par Sophie Frankenstein, j'avais bon espoir de trouver facilement de quoi boutonner mon Forecast.

Et j'ai trouvé du premier coup les boutons parfaits à la Droguerie. Problème: il n'en restait plus en argenté et la version cuivrée jurait avec ma laine. Je me suis rabattue sur les ajourés à motifs vaguement celtiques: mauvaise pioche, trop petits ils glissaient hors des boutonnières. Pas découragée, je m'incline alors vers les ajourés ovales: parfaits en hauteur, ils sont trop étroits et ne cachent pas la déformation de la boutonnière.

Zut! Je reprends la route, quadrillant tout Paris. Une mercerie, deux merceries, trois merceries... Ici ou là, mes poches se lestent de 11 petites rondelles percées. En métal, en plastique, en bois... Mais après essai, ça cloche toujours.

Infatigable, je poursuivis ma quête. Quatre merceries, cinq merceries, six merceries... Soudain, le sang battit contre mes tempes, ma vue se brouilla, le sol se déroba sous mes pas... Quand je revins à moi, j'etais à Madrid et j'avais accumulé ça:


La honte! Ce fut un coup de sang, une poussée de fièvre acheteuse, une folie passagère (folie est le mot, car de nos jours les boutons coûtent les yeux de la tête!).

Quoi? J'en entends qui murmurent dans le fond: "pas de quoi fouetter un chat! j'en ai bien plus". Mais c'est que le lot ci-dessus est venu s'ajouter à un fonds préalable: les deux douzaines, rituelles dans toute boîte à couture qui se respecte, de boutons dépareillés récupérés sur les vêtements usés avant départ à la poubelle (absents sur la photo), mais surtout plusieurs tubes rafflés par une amie non-tricoteuse dans une mercerie qui fermait pour me les offrir.


Autant vous dire que je viens de me condamner à ne tricoter que des vestes et des cardigans pendant quelques années. Privée de pullovers, la fille!

Et le pire dans tout ça: il a fort à parier que tous ces boutons ont été fabriqués en Chine, car 80% des boutons vendus dans le monde seraient manufacturés à Wenzhou (dans le district de Qiaotou)*. Or c'est précisement à Wenzhou que l'économie de marché a redémarré en Chine. Alors la morale de cette histoire: l'hégémonie commerciale actuelle de la Chine, c'est la faute à quoi? Eh bien c'est la faute... aux boutons!

* Sources:
- China's button capital in Wenzhou
- Chinese 'Button Town' Struggles with Success
- Marc Boulet, Dans la peau d'un Chinois en Chine, 1988
- L'usine du monde à plein régime
- The tiger's teeth
- Les "second tier-cities" en Chine

2008-06-13

Revue de presse: cet été ça va twister!

Ça va twister! Car la grande nouveauté qui se profile à l'horizon août 2008, c'est Twist Collective. Sur leur site, le compte à rebours est enclenché avec une sorte de calendrier de l'Avent, mais pour en savoir plus, cliquez plutôt sur "advertise". Ce n'est pas indiqué, alors je précise: contrairement aux revues en ligne précédentes, elle ne sera ni gratuite, ni payante par abonnement. Plutôt une espèce de catalogue qui présentera des modèles gratuitement, mais pour télécharger les explications, il faudra payer.
À mon avis, la crise sur les droits d'auteur internet chez IWK (et ailleurs) et les réflexions sur la rémunération des créatrices de modèles tricot qu'elle a entraînée y est pour quelque chose dans sa création. Pas étonnant quand on sait qu'elles sont payées
grosso modo la même chose qu'en 1984 (source: Annie Modesitt) et qu'un simple calcul permet d'estimer ce qu'un modèle qui cartonne peut rapporter en vente directe sur le net.
En tout cas, ce projet très prometteur réunit du beau monde (y compris les grandes absentes des derniers IWK, quel hasard!), dont Kate Gilbert, Julia de Moth Heaven, Véronik Avery, Cookie A, Marnie McLean, etc. etc. etc.

Revenons maintenant à l'actualité des revues dématérialisées gratuites (il y en a encore, chouette!). Mais tout d'abord, deux petites précisions, car j'ai l'impression d'avoir été mal comprise la dernière fois:
1) Je considère un numéro comme réussi non seulement lorsqu'il contient des modèles qui me plaisent, mais aussi lorsqu'il est équilibré, lorsque sont représentés tous les types de vêtements ou d'objets, mais surtout toutes les techniques (un peu de jacquard, un peu de torsades, un peu de jours, etc.). C'est d'ailleurs Knitty qui m'a habituée à ça. Quand cette diversité manque, je suis toujours déçue.
2) Je note plus sec quand il s'agit de Knitty que d'Ulla. Normal, la première dispose quand même d'une pépinière de créatrices potentielles beaucoup plus conséquente. Je pardonne à Ulla certaines faiblesses, car je juge aussi son mérite.

En fait, la dernière fois, je ne critiquais pas Knitty, j'exprimais une inquiétude à son égard, inquiétude qui se confirme en feuilletant son numéro d'été: on ne peut nier une franche perte de vitesse. J'espère être détrompée en automne, mais j'ai ma petite idée quant aux causes et je ne suis pas rassurée.

Sinon, à part ça, dans les parutions récentes: un spécial "tout est bon dans le cochon" de The Anticraft, le 5ème numéro de Knit on the Net, le 2ème de The Inside Loop et le 2ème aussi pour Weavezine.

Et puis Ulla qui vient de nous sortir un supplément spécial, on dirait. En quel honneur? La journée mondiale du tricot? L'art d'accomoder les restes de pelotes et autres bouts de ficelle? Mystère, je ne cause toujours pas finnois.

Et puis, j'oublie toujours de parler de Black Purl dans les revues gratuites, car au départ elle était payante sur abonnement, mais ça fait pas mal de numéros qu'elle a l'air entièrement gratuite, alors j'essaierai de ne pas l'oublier à l'avenir. Dans son dernier numéro, on trouve entre autres les mitaines Vaasa de Danielle Kassner, qui mélange le tricot et le crochet suivant avec une technique finlandaise.

Quant à Knotions, pas encore de premier numéro, mais déjà du contenu: des articles techniques fouillés, un cache-coeur et puis des patrons orphelins de chez Magknits republiés sur leur site.

2008-04-30

Revue de presse: Interweave Knits et Piecework

[Note du 13-6-2008: Je poste ce message et le précédent avec plus un mois et demi de retard par rapport à leur date de rédaction. Un nouvelle revue de presse arrive sous peu, avec des nouvelles plus fraîches.]

Chouette, je peux enfin dire du bien d'Interweave Knits, après avoir vu l'avant-première du numéro de cet été. Ça me manquait.
Bon, tout n'est pas parfait. Pour la 3ème fois consécutive, on nous inflige une palette saumonée (
"Summer Greenery" indeed!), qui personnellement me fait me sentir toute barbouillée. Et l'absence de certaines habituées me chagrine.
Mais il y a enfin un retour de la variété dans les formes des vêtements et surtout dans les techniques employées (quasiment pas de torsades, jugées trop hivernales, sans doute, mais pleins d'approches différentes de la couleur et de la texture).
Question mannequins, ça s'est amélioré aussi, et comment! Ils doivent être télépathes chez IWK parce qu'ils m'ont piqué mon mannequin vedette (imaginaire). En effet, il y a quelque temps, je m'étais amusée à me faire une liste des tricoblogueuses que je choisirais comme mannequins pour un livre ou un magazine et la sublime Parikha venait en tête. Du coup, ça ne m'a pas vraiment étonnée de la retrouver dans ce rôle ici.
Bref, la barre a été redressée après deux numéros affreux. J'espère qu'IWK saura garder ce cap et nous préparer un superbe numéro d'automne.

Interweave publie aussi une excellente revue consacrée aux ouvrages d'aiguilles (en général) dans une optique traditions et histoire: Piecework. L'espace qui y est consacré au tricot y grandit sans cesse. Leur numéro de janvier-février 2007 était un spécial tricot. Bilan: épuisé en un temps record! (D'ailleurs, si quelqu'un veut bien me vendre un exemplaire, je suis preneuse: j'ai essayé en vain de l'acheter l'année dernière.) Cette année, re-belote et avec le même résultat (sauf que le numéro de janvier-février 2008, j'ai pas traîné pour l'acheter).
Leur dernier numéro (mai-juin 2008) est consacré à la dentelle, dans son sens le plus large (fuseaux bien sûr, mais aussi crochet, tricot ou frivolité). Et devinez qui fait la couv'? Le tricot bien sûr. Bon, je laisserai pour un autre jour le débat linguistique (je trouve ça totalement abusif d'appeler ce genre de motif ajouré de la "dentelle", même en anglais, langue qui n'a pas vraiment un mot pour "ajouré"). Malgré le fait que le style Orenburg ne m'attire absolument pas, je sens que je vais encore craquer pour un Piecework. Pourquoi? Pour cet article, pardi:

A Lace Fan to Knit & Knitted Lace Fans by Deborah Robinson
The author has adapted fans as a medium through which to display her work; she offers instructions for creating your own knitted lace fan.

PS du 13-6-2008: Je n'ai pas encore le Piecework mais j'ai déjà mené mon enquête sur les modèles et les prix des varillajes para abanicos, je l'avoue.

2008-04-18

Finis! nº 60: Fake Isle hat et nº 64: Latvian hat

C'est justement sur Magknits que j'ai trouvé le modèle "Fake Isle hat" (maintenant disponible sur le site de l'auteure, Spunky Eclectic). Feignasse que je suis, j'aimais bien l'idée de jouer sur les fils à rayures automatiques pour faire un pseudo motif Fair Isle, mais je n'aimais guère les losanges de l'original. J'ai repéré sur Ravelry la version de rubishknitter et j'ai suivi sa grille à la place pour le motif principal. J'ai aussi modifié les diminutions tout à la fin pour un sommet plus arrondi et pas en forme de tétine.

Le bonnet est trop petit pour moi mais il a trouvé preneuse. C'est tout le problème du jacquard à fils tirés, je trouve: les variations d'échantillon sont très idiosyncrasiques, car les unes "jacquardisent" bien plus serré qu'elles ne "jerseyent", et les autres, c'est tout le contraire. Quand on suit un modèle, impossible de prévoir le résultat sans échantillonner directement en jacquard, or, selon l'adage bien connu (bien connu des feignasses, s'entend), pour un bonnet, l'échantillon, c'est le bonnet lui-même.

Fiche technique du projet nº 60
Nom: Fake Isle hat
Patron: "Fake Isle hat" de Spunky Eclectic
Fil employé: Lia merina de chez Lia Knits et Millecolori de chez Lang
Composition: 50% baby alpaca 50% mérinos et 50% laine 50% acrylique, respectivement
Coloris: 1301 (corteza) et 924 respectivement
Quantité: 1 pelote de 50 g / 120 m et 1 pelote de 50 g / 92 m respectivement
Aiguilles: circulaires et double-pointe 5 mm
Commencé mi-septembre 2007, fini 12 octobre 2007.

Le problème s'est reposé quand j'ai tricoté le Latvian hat de The Knitting Process. J'ai suivi ses indications quant au numéro d'aiguilles et je me suis retrouvée avec un tricot tellement dense qu'il ressemblait à du tissage. J'ai pourtant persévéré car je venais de souffrir le martyre en tricotant du fil Habu soie/acier très très très déjaugé et je trouvais jouissif de tricoter aussi serré. Et puis, j'ai tricoté ce bonnet avec une arrière-pensée: je voulais m'inspirer de sa construction démarrée par le sommet pour mon couvre-chignon "Hasta el moño") et la texture quasiment hermétique convenait tout à fait à mon projet (impossible pour les cheveux de passer à travers les mailles).
Du coup, bien évidemment, le bonnet est beaucoup plus étroit que prévu, mais surtout beaucoup plus court. J'aurais pu le rallonger en extrapolant le motif, mais j'en avais assez de m'user les yeux à suivre la grille (j'aurais mieux fait de perdre une demi-heure à la refaire tout au début plutôt que de la déchiffrer telle quelle et perdre beaucoup en confort et vitesse tricotiques).

Un adulte peut enfiler le bonnet au prix d'un mal de crâne carabiné dans les heures qui suivent. Disons que c'est une taille 6-8 ans, mais sur un enfant un bonnet qui ne couvre pas les oreilles a vite un look de calotte confessionnelle. C'est assez amusant d'ailleurs: avec, l'un de mes neveux a l'air de s'être échappé d'une yeshiva de Poméranie et l'autre du souk de Samarcande (un vrai petit Ouzbekh!).

Bref, un bonnet qui aura du mal à trouver preneur, mais qui m'a permis d'apprendre plein de trucs, notamment à tricoter des tresses lettones (Latvian braids). Je n'y suis pas arrivée avec les indications fournies d'ailleurs, mais en suivant les explications du livre Latvian Mittens (heureusement que Forney a fini par réouvrir!).

Fiche technique du projet nº 64
Nom: Latvian hat
Patron: Latvian hat de The Knitting Process
Fil employé: Trianon de chez Lopo Xavier
Composition: 100% laine
Coloris: 67 (grenat) et 65 (gris)
Quantité: 1 écheveau de chaque couleur
Aiguilles: double-pointe 2mm
Commencé en novembre 2007, fini en février 2008.

2008-04-11

Revue de presse: requiem pour Magknits

Magknits n'est plus. Elle n'est pas éteinte paisiblement d'inanition comme d'autres revues tricot dématérialisées avant elle; elle a disparu ("disparu" est le mot!) brutalement et sa fin violente éclabousse le petit Landerneau tricotique.

D'un côté, je comprends le ras-de-bol de Kerrie, mais de l'autre je regrette qu'elle ait choisi la suppression pure et simple sans les sommations d'usage, mettant ainsi dans l'embarras aussi bien les lectrices que les créatrices qui lui avaient confié leurs modèles. J'en ai lu juste assez pour me mettre au fait des circonstances ayant précipité la fin: je me moque de savoir si les critiques étaient fondées ou pas, mais l'acharnement à son égard n'est pas beau à voir et ça me rappelle pourquoi je ne frécuente plus guère les forums tricot.

J'en profiterai pour remercier ici Kerrie et ses collaboratrices du travail fourni pour publier cette revue. Magknits était une revue à la qualité irrégulière (pas étonnant: c'est la seule qui avait choisi la gageure d'une parution mensuelle), mais en 4 ans elle nous a offert quelques pépites de taille. Sa disparition laisse un grand vide, un goût amer et quelques leçons.

Vous pouvez toujours essayer de récupérer les modèles (du moins les textes, plus rarement les images) qui vous intéressaient dans le cache des moteurs de recherche (mais seulement pour quelques jours encore)[màj: trop tard!], sur archive.org (pour ceux qui ont plus de 6 mois) ou éventuellement (et pas toujours gratuitement) sur les sites des créatrices qui ont choisi de les republier. Et rappelez-vous: rien n'est éternel sur internet, alors à l'avenir téléchargez les modèles au lieu de les sauvegarder sous forme de signets.

2008-03-21

Fini nº 71 fajín

Ça y est, elle nous refait le coup du tricot orthopédique, vous direz-vous: après les genouillères, voilà le bandeau herniaire, à moins que ce ne soit une ceinture lombaire? Il y a de ça, je l'avoue.

En 2005 Carmen, une contertulia du café-tricot de Madrid, a publié plusieurs patrons dans un catalogue Katia accessoires. Entre autres, cette ceinture munie de poches pour y glisser des coussinets chauffants. Elle s'est fait allumer sur You Knit What pour ce modèle, totalement incompris des États-uniennes.

Oui, mais voilà, quiconque a grandi sous la menace de la grande maladie culturelle espagnole, le corte de digestión*, comprend immédiatement l'intérêt du truc. Vous croyiez peut-être que les bandoleros et les toreros se bandaient le ventre pour protéger leurs viscères d'un coup de poignard ou de corne? Oui, bon d'accord vous aviez raison, mais je suis sûre qu'ils le font aussi pour se prémunir d'un coup de froid sur le bide en pleine digestion (aussi terrifiant pour un Espagnol que les coups cités ci-dessus).

À l'autre bout de la planète, les Japonais semblent partager ce souci d'un ventre bien au chaud: chez eux, cette sorte de ceinture à poches se nomme "haramaki". Là-bas c'est totalement connoté "3ème âge", enfin c'était jusqu'à ce que de petits malins s'avisent d'en faire un accessoire branché. Du coup, on trouve des tutoriaux pour se coudre un "haramaki" en polaire ou alors pour s'en tricoter un (et pourquoi pas un haramaki à la technique mixte: cousu avec une poche à torsades tricotée comme ici?).

Moi, pour le mien, je me suis inspirée du modèle de Carmen à la base, même si après j'ai fait plein de modifications (surtout pour l'adapter au galbe hanches-taille).
J'avais envie de tester la laine mélangée aux coloris dégradés Tundra de Katia, alors j'ai acheté une pelote esseulée dans une couleur qui ne me plaît même pas (je m'en fous, puisque je le porte sous un pull): elle est très agréable à tricoter mais peu élastique (ce qui ici nuit un peu au propos).
Et voilà un petit tricot totalement utilitaire dont j'assume pleinement la ringardise, car après tout ande yo caliente ¡ríase la gente!

* Je peux en revanche me gaver de chocolat et d'oeufs, sans crainte de la grande maladie culturelle française: la crise de foie. Par contre, je suis très sujette à cette satanée "coupure de digestion", ce qui prouve bien l'influence des années formatrices de la petite enfance sur le système immunitaire (ou sur l'hypocondrie).

2008-03-17

Fini nº 72: mini-mini BSJ



Eh, regardez un peu ce que j'ai tricoté! [...] Cachez vot' joie! J'entends les baillements d'ici. [...] Oui, je sais, des BSJ, vous en avez déjà vu 36.000! Mais sincèrement vous en aviez déjà vu une qui tenait dans le creux de la main?



Et encore, là ma veste est énorme: elle habillerait une poupée Harpie™ (sauf qu'une poupée Harpie™ ne mettrait jamais un modèle aussi grossissant), alors qu'à l'origine le modèle est écrit pour des poupées mesurant 7,60 cm, 5 cm et 4 cm de haut. En fait j'ai tricoté la plus grande taille avec de la laine à chaussettes et des aiguilles 3 mm et voilà le résultat.

Quant au modèle, il est disponiblement gratuitement sur un site de tricot miniature (que j'avais déjà cité ici). Pour les curieuses fauchées ou radines, il permet de se pencher sur l'énigme de la très astucieuse et intrigante construction de la "baby surprise jacket" originale, oeuvre d'Elizabeth Zimmerman, sans débourser un centime. Il y a d'autres façons d'arriver à reproduire une BSJ sans les explications d'origine.

L'été dernier, j'avais partagé sur un forum mes liens au sujet de la BSJ. Je les recopierai et complèterai ici:

Et à titre comparatif, deux petites vestes au principe (partiellement) similaire:
Mais le plus simple, si on cause anglais, c'est encore d'acheter le modèle pour 3 dollars (l'ennui c'est les frais de port pour une simple feuille de chou) chez Schoolhouse Press. Le modèle est aussi disponible dans les livres d'Elizabeth Zimmermann cités dans l'article du Knit-wiki.

À noter: la version miniature a les mêmes défauts que la version originale: des manches bien trop courtes, un col sans finitions... À mon avis, il est indispensable de rallonger les manches pour que le modèle soit seyant et pratique (même pour un enfant). La BSJ vaut surtout parce qu'elle constitue une prouesse technique, mais elle permet aussi de mettre en valeur certains fils à tricoter ou certaines associations de couleurs en rayures. Si vous voulez voir des variantes, passez chez In tricot veritas ou alors évidemment chez Ravelry (si vous êtes membre) ou Flickr (si vous supportez leur interface).

2008-03-16

Nº 70 fini! L'art d'accommoder vos restes



Pour 3 personnes (âgées de 5 à 10 ans)


Ingrédients:
80 g de Phildar Ondiaflamme yaourt à la framboise
47 g de Phildar Ondiaflamme mousse à la mûre
34 g de Phildar Ondiaflamme potiron
36 g de Monoprix Flammé Bayadère marron, crème et moka
[le tout provenant des fonds de placard d'une amie (Phildar) et de quelques restes à moi (Monoprix)]
5 aiguilles à double pointe 7 mm

Recette:
Prendre les restes de potiron et essayer d'en faire un "2-hour hat" inversé (démarré par le sommet). Observer que le phénomène honni du "pooling" ne s'applique pas seulement aux fils bariolés, mais aussi aux fils flammés, ceux-ci donnant d'atroces boursouflures aux endroits où ceux-là feraient de gros pâtés. Détricoter.

Même si on n'a jamais trop accroché au modèle, se dire que le "meathead hat" ferait peut-être l'affaire. Regarder quelques photos attentivement, histoire de recréer mentalement les explications. Les adapter mentalement à l'échantillon qu'on a (le "2-hour hat" raté).

Monter 56 mailles avec le fil yaourt à la framboise, tricoter quelques rangs en côtes 2/2 suivis de quelques rangs au point jersey. Puis démarrer les diminutions jusqu'à ce qu'il ne reste qu'une maille. [Je laisse un flou volontaire dans mes explications, car, même si je les ai recrées et modifiées moi-même, je me suis quand même inspirée d'un modèle existant. Mais il est simplissime, il suffit de regarder une photo pour comprendre quand et où diminuer.] Rentrer les fils.

Constater avec ravissement que le modèle empêche quasiment tout "pooling". Répéter donc l'opération avec les autres restes jusqu'à obtention de trois bonnets.

Suggestions de présentation:
Démoulage parfait pour le bonnet 100% yaourt à la framboise. Sa belle texture onctueuse est due à un fil assez régulier, dont la grosseur s'amincit et s'accentue uniquement en de rares endroits. Son élasticité lui permet même d'être porté par un adulte; il est donc dévolu à l'aînée (10 ans), tout juste agrémenté d'une petite fleur au crochet (cadeau des tricoteuses de Porto).

Gros ratage pour le deuxième. J'ai essayé en vain de relever d'une pincée de noix de coco (deux jolis boutons de La Droguerie) la fadeur de cette mousse à la mûre sur son lit de yaourt framboise. Mais ça ne réussit pas à cacher les grumeaux (bizarrement la même qualité de laine oscille, dans cette couleur et aussi dans la couleur potiron, de la grosse laine mèche à du fil DK sans solution de continuité) ni le manque d'élasticité en résultant. Pas grave, il réchauffera quand même la cadette.

Je n'aurai pas parié un kopeck sur l'alternance de potiron et de brisures de marrons à la crème et au moka et pourtant le mélange est des plus savoureux: pas besoin de décoration donc. Ici aussi, la portion est plus petite et moins élastique à cause des grumeaux (mais ça tombe bien, car la texture du Phildar en devient identique à celle du flammé Monoprix*). Il sera destiné au seul garçon de la fratrie.

On trouvera d'autres suggestions de présentation dans le groupe Flickr (ou sur Ravelry pour les membres), ainsi que la recette originale dans le livre "Knitalong" de Larissa Stitchmarker.

Bon appétit, les petits!

* Ce n'est peut-être pas un hasard. En 2005, Nilda remarquait que l'Ondiaflamme de Phildar (qualité arrêtée) était semblable à la Fiamma de Di.Vé. En effet, on retrouve les mêmes coloris dans le nuancier de la Fiamma unie (Unito). Mais si on regarde les nuanciers bariolés (Stampato), surprise, on retrouve aussi les coloris de la Monoprix Flammé bayadère (qui n'est autre, soit-dit en passant, que la Versatile de Plassard).

2008-03-15

Revue de presse printanière

Presse dématérialisée
Dans ma dernière revue de presse, j'ai oublié une nouveauté. Dans les petits derniers de la presse "dématérialisée", outre The Inside Loop et Weavezine, il y a eu aussi Metapostmodernknitting ou MPMK pour les intimes, un magazine tricot en ligne qui se démarque des autres par sa volonté affichée d'être plus branché mode, plus tendance.
Et en préparation, Knotions. En général, je ne parle plus des magazines en préparation, car il y a loin de la coupe aux lèvres, mais celui-ci a l'air assez avancé.

Sinon, le Ulla de printemps est sorti, avec tout plein de modèles (32!) dont certains très intéressants. Le dernier Knitty est sorti aussi. Ulla gagne haut la main, je dois dire. Je trouve le Knitty assez faiblard, avec moins de modèles que dernièrement (18) et beaucoup de redites (mettre en couv' une resucée d'un modèle précédent, franchement!), mais ce n'est pas grave, je suis sûre que le prochain sera mieux.

Presse papier
Les redites, ça me semble définir aussi l'Interweave Knits de printemps , que j'ai trouvé très répétitif (beaucoup de gilets à basques, beaucoup de cols en V...), à comparer au dernier Vogue Knitting, bien plus varié. Chez IWK aussi, moins de modèles que d'habitude (on a même l'impression qu'EJ a bricolé un truc à la va-vite pour faire du remplissage). Cela reflète peut-être la crise que vient de vivre IWK au sujet des nouveaux contrats rejetés par les créatrices car elles se sentaient lesées de leurs droits internet (un peu comme les scénaristes à Hollywood, toutes proportions gardées). Heureusement, un accord satisfaisant pour tous a été trouvé depuis, alors rendez-vous cet automne pour un numéro spectaculaire (j'espère).

En comparaison, moi qui ne crochète pas, je trouve le dernier Interweave Crochet bien plus réussi. Bon, je ne suis peut-être pas très impartiale, puisqu'on y trouve les chaussettes Chrétien de Troyes de Danielle Kassner, alias Lara Croft, que nous avons été les premières à publier chez Tejemanejes (avec ses chaussettes dédiées au troubadour Bernart de Ventadorn). Le jacquard au crochet, c'est bien la seule chose qui pourrait me motiver à me mettre au crochet. Et puis, on y trouve aussi une jolie veste de Julia, alias juju. Bravo, les filles!

Teva Durham sort son "Volume 2" chez Takhi; Nora Gaughan, itou chez Berroco. Une fois de plus, avantage à Nora. Teva, ressaisis-toi!

Et, en France, Verena renaît de ses cendres indirectement, sous le nom de Burda tricot (merci pour l'info, Bulle), à ne pas confondre avec les hors-série, eux aussi appelés Burda tricot, mais qui ne sont pas eux des traductions du Verena allemand. Le numéro 2 est sorti, plus d'infos chez Mélusine.